Table ronde autour des Annales franco-allemandes avec Pauline Clochec, Stathis Kouvélakis et Alix Bouffard

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À Paris, au début de l’année 1844, paraît la revue des « Annales franco-allemandes ». Cet unique numéro, dirigé par Karl Marx et Arnold Ruge, contient certains des textes les plus connus des jeunes Marx et Engels («Esquisse d’une critique de l’économie politique », «Sur la question juive», l’Introduction de la Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel), ainsi que de tous les contributeurs du numéro (Mikhaïl Bakounine, Ludwig Feuerbach, Moses Hess…). Ce moment de la trajectoire de Marx est notamment réputé pour être celui de son tournant socialiste et communiste.

Ce projet politique et théorique singulier est publié pour la première fois intégralement en français. Tous les textes ont fait l’objet d’une nouvelle traduction dans le cadre de la GEME (Grande édition Marx Engels).

Nous sommes heureu.x.ses de vous inviter à une discussion autour des « Annales franco-allemandes », organisée par les Editions sociales en partenariat avec la revue Contretemps et l’association GEME. Après une présentation de Pauline Clochec, spécialiste du jeune Marx, préparatrice et introductrice du volume, nous aurons le plaisir d’ouvrir la discussion avec Stathis Kouvélakis, auteur de « Philosophie et révolution, de Kant à Marx » et membre du comité éditorial de Contretemps, et Alix Bouffard, membre du bureau de la GEME (Grande édition Marx-Engels), préparatrice et traductrice du volume. La discussion sera suivie d’un échange avec les participant.es où il sera possible de poser vos questions aux intervenant.es.

Compte tenu des conditions sanitaires et pour permettre à chacun.e d’y participer indépendamment de son lieu de résidence, nous faisons le choix d’organiser cet événement sur internet (Zoom). Il est donc nécessaire de vous inscrire pour recevoir les informations de connexion en remplissant ce formulaire en ligne : https://forms.gle/Cjmvk7CUX7SSXbw57. Vous pouvez également nous envoyer un mail à l’adresse editionssociale@gmail.com et retrouver notre événement sur Facebook

Friedrich Engels et Karl Marx, Correspondance , tome 13 (1875-1880)

Karl Marx, Friedrich Engels, Correspondance, tome 13 (1875-1880), « Les essentielles », Isbn : 9782353670475, 35 €, en librairie le 11 juin

 

Avec ce volume de lettres inédites, les Éditions sociales reprennent la publication de la correspondance de Marx et Engels, un des derniers grands éléments du corpus marxien à ne pas avoir été intégralement traduit en français. On y (re)découvre Marx et Engels au quotidien, à travers des lettres chargées d’anecdotes qui ramènent ces deux géants à hauteur d’homme.

Mais c’est bien leur activité politique et théorique qui occupe la première place. L’échec de la Commune de Paris a déplacé le centre de gravité du mouvement révolutionnaire de la France vers l’Empire allemand où commence à se constituer un parti socialiste. Le Congrès d’unification de Gotha en 1875 marque à cet égard un tournant que Marx et Engels accompagnent de façon critique. Accaparés par la situation allemande, ils ne négligent pas pour autant le mouvement ouvrier des autres pays, d’autant que la deuxième moitié des années 1870 est marquée par la dislocation définitive de l’Association internationale des travailleurs (AIT), et l’entrée dans un nouveau cycle politique dans une Europe en ébullition.

Ce volume contient également une série de lettres de tiers à Marx et Engels (Wilhelm Liebknecht, August Bebel, Eduard Bernstein et Karl Kautsky) dont la lecture permet souvent de découvrir une autre facette des discussions présentées dans cette correspondance.

Retrouver l’ouvrage dans toutes les bonnes librairies de France !

 

Friedrich Engels, Karl Marx et alii Annales franco-allemandes , sortie le 4 juin 2020, 25€

Friedrich Engels, Karl Marx et alii, Annales franco-allemandes, Isbn : 9782353670321, 25 €, en librairie le 4 juin

 

À Paris, au début de l’année 1844, paraît la revue des Annales franco-allemandes. Cet unique numéro, dirigé par Karl Marx et Arnold Ruge, contient certains des textes les plus connus des jeunes Marx et Engels («Esquisse d’une critique de l’économie politique », «Sur la question juive», l’introduction de la Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel), ainsi que de tous les contributeurs du numéro (Mikhaïl Bakounine, Ludwig Feuerbach, Moses Hess…).

Il est nouvellement traduit dans le cadre de la GEME (Grande édition Marx Engels) et publié intégralement pour la première fois en français. Préparé par Alix Bouffard, introduit par Pauline Clochec, et assorti d’un riche appareil critique, ce volume donne à comprendre ce projet politique et théorique collectif original et présente dans toute sa complexité le tournant socialiste et communiste que Marx réalise à Paris dans ces années.

Simon Lemoine, Découvrir Bourdieu

Lemoine Simon, Découvrir Bourdieu, « Les propédeutiques », Les Éditions sociales, Paris, Isbn : 9782353670574, 184 p., 110×175 mm, 10 €, Sortie le 5 mars
 
Quatorze textes expliqués et commentés par le philosophe Simon Lemoine permettant
d’aborder les concepts et la sociologie de Pierre Bourdieu.
 
Les concepts de Pierre Bourdieu font école tant et si bien qu’au-delà même de la sociologie critique, on les retrouve dans la littérature journalistique, dans les textes d’organisations, dans les discours politiques…
Le livre de Simon Lemoine, docteur en philosophie, professeur de lycée, veut éclairer pour un public non savant les articulations principales d’une pensée qui s’est vouée à la connaissance des mouvements de la société.
Comment les dominants dominent-ils ? La sociologie peut-elle servir à transformer les rapports de pouvoir, quelle est la puissance de la violence symbolique, qu’est-ce que l’habitus, la distinction, comment fonctionne la reproduction sociale ? Autant de questions qui animent ce « Découvrir » et en font une introduction essentielle à la sociologie de Bourdieu, et à la compréhension du présent.
 
Simon Lemoine sera présent :
– à la librairie L’escampette à Pau, le vendredi 28 février de 14h à 17h, il sera disponible pour parler de ses travaux et présenter « Découvrir Bourdieu ».
– lors des Journées Libertaires de Pau, le jeudi 27 février à 18h à l’UFR Lettres, pour évoquer les micro-violences.
–  à La Librairie des Halles à Niort, le samedi 18 avril à 11h, où il discutera avec Jérôme Lamy. ANNULE 

Friedrich Engels, Les Principes du communisme

Friedrich Engels, Les Principes du communisme
Les Éditions sociales, Paris, 2020 ; Isbn : 978-2-35367-066-6, 88 p., 102×175mm,  5 €
Sortie en librairie le 19 mars 2020.

À l’occasion du bicentenaire de la naissance de Friedrich Engels (28 novembre 1820), les Éditions sociales publient ce texte considéré comme le brouillon du Manifeste du parti communiste.

Dans ce volume figurent : une préface de Jean Quétier, le Projet de profession de foi communiste, Les Principes du communisme et la Contribution à l’histoire de la ligue des communistes.

 

Fernando Rosas : « Les populismes surfent sur la colère et la peur »

Entretien avec Nuno Gomes Garcia pour Radio Afa

Podcast de l’émission : https://radioalfa.net/podcast/lart-de-durer-le-fascisme-au-portugal-fernando-rosas/

Grâce aux Éditions sociales et à la traduction de Clara Domingues, une œuvre de référence sur l’État nouveau salazariste, L’art de durer, le fascisme au Portugal, de l’historien Fernando Rosas, est désormais en librairie.

Dans ce livre publié il y a 8 ans au Portugal, sous le titre : Salazar e o poder. A arte de saber durar, Fernando Rosas propose à ses lecteurs, dans un style délié et très accessible, une approche consciencieuse du fascisme portugais, expliquant les facteurs qui contribuèrent à son importante longévité, de 1926 à 1974, alors que presque toutes les expériences fascistes européennes prirent fin en 1945.

Ce livre paraît à un moment où l’on commence à débattre au Portugal — signe des temps que nous vivons — de ce que personne n’aurait eu l’audace de remettre en cause, il y a encore peu. Aujourd’hui, certains historiens et commentateurs refusent d’identifier l’État nouveau au fascisme. Ces derniers temps, donc, la figure de Salazar fait l’objet d’un blanchiment, d’une réhabilitation, passant de fasciste féroce, ami de Franco et admirateur de Mussolini, à gentil patriote et génie des finances.

Fernando Rosas range, quant à lui, le salazarisme dans la case adéquate : la même que celle où se trouvent Franco, Hitler et Mussolini. Mais il va plus loin encore et pose une question essentielle : quels éléments permirent au salazarisme de survivre à la fin de la guerre provoquée par le nazi-fascisme allemand et le fascisme italien ?

 

NGG : Il y a vingt ans et quelques, lorsque j’étudiais l’histoire à l’université, il était rare d’entendre quelqu’un dire en public que Salazar n’était pas fasciste. Que s’est-il passé depuis ?

FR : Au niveau européen et nord-américain, l’historiographie a connu une évolution tendant à considérer que les régimes fascistes étaient si particuliers et si rares que, finalement, le seul véritable fascisme était l’italien — et encore il le serait assez peu à partir d’une certaine période —, ou alors, dans un cas extrême, le nazisme. Pour certains, même le nazisme est une espèce particulière, qui se distingue du fascisme. De ce point de vue, l’État nouveau salazariste était donc une sorte de « dictature douce », guidé par un « professeur d’université », un régime « blanchi », adouci… Ces interprétations renvoient au contexte initial de la Guerre froide dans lequel l’Allemagne nazie et l’Union soviétique furent isolées et misent dans le même sac, celui des « régimes totalitaires ». En dehors de ces régimes, il y avait des « dictatures anticommunistes » qu’il était avantageux, du point de vue de la logique de la Guerre froide, de placer dans le grand camp de l’anticommunisme. De là proviennent une certaine déculpabilisation et, au fond, un blanchiment du régime salazariste. Cependant, selon moi, le critère qui fonde cette division pendant la Guerre froide est mis à mal en tant qu’élément d’explication. Ce que l’on peut dire, c’est que les régimes fascistes ne sont pas tous identiques. Aucun mouvement fasciste, aucun régime fasciste n’a jamais pris le pouvoir par sa seule force. Il y a tout un système d’alliances entre le mouvement fasciste et des secteurs des classes dominantes, des droites conservatrices, qui se « fascisent » dans le contexte des années 1920 et 1930. Expliquons-nous : ces classes dominantes et les droites conservatrices voient dans les expériences fascistes une manière avantageuse de répondre à la crise économique et sociale qui balaie une bonne partie de l’Europe de l’entre-deux-guerres. Une crise qui se fait fortement ressentir dans les pays périphériques européens. Considéré comme avantageux, le fascisme devient populaire parmi les classes possédantes, et une sorte d’alliance se noue alors entre les mouvements fascistes et une partie des classes conservatrices, de la droite traditionnelle, y compris de la droite libérale. C’est de cette union que surgissent les régimes fascistes. Le régime salazariste constitue une modalité de cette alliance, avec, toutefois, un poids de la droite conservatrice bien plus important que dans d’autres expériences. Disons que le salazarisme constitue une modalité d’un fascisme conservateur. Comme le fut aussi le franquisme, notamment après la Guerre d’Espagne (1936/1939). Ce furent des fascismes conservateurs, mais des régimes de violence, antidémocratiques, avec des partis uniques, et d’appétence totalitaire…        

 

NGG : Et c’est ce que vous démontrez dans ce livre ?

FR : En effet. Je veux démontrer ce que fut cet « art de durer » qui était, pour Salazar, l’art suprême de Mussolini, et comment Salazar l’exerça à partir de 1933, année de la constitutionnalisation de l’État nouveau. Une moitié du XXe siècle portugais s’est déroulé sous cette dictature de type fasciste qu’était le régime salazariste.

 

NGG : Parlons un peu de notre époque. Certains disent que la Grande Récession de 2008/2015 a fait resurgir des phénomènes, des idéologies, si l’on préfère, que beaucoup jugeaient mortes et enterrées. Existe-t-il, selon vous, des éléments fascisants dans ce qu’il est convenu d’appeler les « démocraties illibérales » ? Existe-t-il chez Trump, Poutine, Orbán ou Bolsonaro des pulsions fascisantes ?

FR : Je le pense, en effet. Les réalités politiques hongroises, polonaises ou encore les mouvements politiques qui existent en Allemagne, en Slovaquie, en Croatie, ou bien des régimes comme celui de l’Inde, des Philippines, de la Russie, de la Turquie… Tous ces exemples comportent des éléments que certains historiens qualifient de « postfascistes ». Ce sont des réalités qui diffèrent du fascisme dans leur concrétisation actuelle, mais qui comportent clairement des éléments fascistes. Le danger est bel et bien là.

La transition du XXe au XXIe siècle, la grande globalisation capitaliste et le désastre social qu’elle constitue : chômage, faillites, renversement des anciens États sociaux, tout cela a créé, surtout dans les classes intermédiaires et dans certains secteurs des classes les plus pauvres, une grande insécurité, une grande incertitude, de la peur. La peur de l’avenir, la peur du déclassement, la peur de la misère, la peur du chômage. Et parce que les partis du centre traditionnel ont renoncé à répondre à ces questions et qu’ils sont eux-mêmes devenus des agents de propagation du néolibéralisme, cette peur provoque chez ces personnes un sentiment d’abandon, elles se sentent orphelines de toute représentation, orphelines de tout représentant défendant leurs intérêts. Comme dans les années 1930, les nouveaux mouvements populistes surfent, démagogiquement, sur ce mécontentement, cette colère, cette peur, ce pessimisme par rapport à l’avenir. Et ils le font de différentes manières. En France, par exemple, nous avons un Rassemblement national étatiste et protectionniste, mais le Vox espagnol ou le Chega portugais (qui est arrivé au Parlement lors des dernières législatives, avec l’élection d’un député) sont ultralibéraux, bien que partisans du renforcement de l’autorité de l’État. Ils sont si ultralibéraux que le Chega défend l’idée de dissoudre le Ministère de l’Éducation et d’en finir avec le Service national de santé pour laisser le « marché » résoudre, par lui-même, tous les problèmes. Ces mouvements sont divers, y compris dans leur manière de se présenter, mais ce sont des mouvements issus du néofascisme, composés de nombreux néofascistes désormais propres sur eux, qui agissent de l’intérieur du système, qui participent aux élections. Et surfant sur la peur et le mécontentement causés par les effets de la globalisation, ils rencontrent un certain succès. Tout cela nous autorise à établir des parallèles entre notre époque et la situation de l’entre-deux-guerres, en particulier après la Grande Dépression de 1929.

entretien traduit par Clara Domingues

Pour connaître l’intégralité de la tournée de l’auteur : https://editionssociales.fr/index.php/2020/01/20/fernando-rosas-lart-de-durer-le-fascisme-au-portugal/

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